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GREYG

2018—2021 · PEINTURE, FUSAIN ET INSTALLATION

Masques à gaz & Gueules cassées

Le visage garde la mémoire de l’altération

sans jamais s’y réduire.

Les visages apparaissent à la limite de leur effacement. Traits, taches et déchirures ne décrivent pas une blessure : ils mettent à l’épreuve ce qui demeure humain.

​Sous prétexte de progrès, l'humanité a altéré son environnement au point de le rendre menaçant pour sa propre survie. La simple action de respirer devient difficile, à moins de recourir à un artefact, le masque à gaz, symbole funeste de notre condition.​

C'est là que réside l'ironie tragique de ce processus : ce masque, supposé nous venir en aide pour respirer, est le fruit de la production humaine, qui est elle-même responsable de notre suffocation, portant ainsi sur ses contours l'empreinte de notre asphyxie volontaire.

Nous sommes sous l’emprise de ces technologies et condamnés à une dépendance morbide pour préserver notre survie dans un environnement de plus en plus hostile.

En revêtant ce masque, nous redécouvrons l'essence même de notre respiration, mais au prix de la perte de notre identité.

Nous sommes devenus des êtres aux traits effacés, anonymes derrière un masque uniforme, perpétuant une mascarade qui renie notre humanité.

Dans ce théâtre absurde, nous jouons le rôle d'étranges marionnettes, suspendues entre l'angoisse de l'asphyxie et le néant de notre propre existence.

« Imbécile, imbécile

Mais aussi est ce que je pouvais savoir que je suis aussi horrible. Après avoir été un homme, avoir mis toute mes forces à réaliser en plein ce que ce mot veut dire et n’être que ça, un objet de terreur pour son propre enfant, une charge quotidienne pour sa femme, une honte pour l’humanité.

Laissez-moi mourir »

Lazé. survivant de la premières guerre mondiale

Masques à gaz et Gueules cassées.

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